- EN VRAC -

"et quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre..."

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L’Allégeance - René Char

Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l’aima.

Il cherche son pareil dans le voeu des regards.
L’espace qu’il parcourt est ma fidelité.
Il dessine l’espoir, puis, léger, l’éconduit.

Je vis au fond de lui comme une épave heureuse.
À son insu, ma liberté est son trésor !
Dans le grand méridien où s’inscrit son essor,
Ma solitude se creuse.

Dans les rues de la ville, il y a mon amour.
Peu importe où il va dans le temps divisé.
Il n’est plus mon amour : chacun peut lui parler.
Il ne se souvient plus qui, au juste, l’aima
Et l’éclaire de loin pour qu’il ne tombe pas !

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