- EN VRAC -

"et quand il eut passé le pont, les fantômes vinrent à sa rencontre..."

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Il faut donc à présent nous instruire, non pas en promulguant des lois, ni en gravant des tables de pierre, mais en écoutant. Non pas en saisissant au passage les rumeurs qui viennent de Chicago ou de Tombouctou, mais en tendant l’oreille à la voix de ces fauves si respectables, dont l’appel résonne au plus obscur de nos veines, venu de Dieu lui-même, qui se tient dans nos cœurs. Écoutons au tréfonds de nous-mêmes, non pour y trouver des paroles ou une inspiration, mais pour y percevoir le brame des bêtes qui gîtent en nos profondeurs, celui des sentiments qui courent les chemins noirs de nos veines et se prosternent aux pieds du Dieu qui réside au plus rouge, au plus noir de notre cœur.
Mais comment ? Comment ? Comment pourrons-nous jamais commencer à nous éduquer aux sentiments ?
Non pas en rédigeant des lois, des commandements, des axiomes et des postulats. Ni en affirmant que ceci ou cela est sacré. Jamais par des mots.
Si nous n’entendons pas les cris qui retentissent dans les sombres arborescences de nos veines, il faudra alors en appeler aux vrais romans, nous mettre à leur écoute. Non pas pour prêter attention aux déclarations didactiques de l’auteur, mais bien pour écouter l’appel bas et lointain des personnages qui errent dans les noires forêts de leur destinée.
Le roman et les sentiments - D.H. Lawrence
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